-
Accueil
-
demenageur
-
BAROMÈTRE 2026 DES DÉMÉNAGEMENTS : UNE MOBILITÉ EMPÊCHÉE PAR LE CONTEXTE ÉCONOMIQUE MAIS TOUJOURS DÉSIRÉE
Dans un contexte de crise immobilière durable, marqué par le retour de l’inflation en 2026, le niveau élevé des prix des logements et des conditions d’emprunt toujours contraignantes, Nextories a souhaité interroger les Français sur leur rapport au déménagement.
En avril 2026, Nextories a commandé une étude d’opinion à Ipsos, dont les résultats ont été croisés avec les données internes issues de plus de 200.000 projets de déménagement pris en charge entre 2022 et 2025, ainsi qu’avec une enquête complémentaire menée auprès de son réseau de sociétés de déménagement professionnel. Cette triple lecture permet de confronter les intentions déclarées, les pratiques observées sur le terrain et la perception des acteurs du secteur, pour mieux comprendre les mutations actuelles de la mobilité résidentielle.
Une mobilité fortement contrainte par la conjoncture économique
44% des Français ayant un projet de déménagement déclarent avoir dû reporter ou renoncer à leur déménagement au cours des 12 derniers mois à cause du contexte économique. 28% l’ont reporté, 16% y ont tout simplement renoncé, dans des proportions comparables à celles observées lors du précédent baromètre réalisé en 2025.
La hausse du coût de la vie s’impose davantage à présent comme facteur structurant des arbitrages, citée par 58% des Français contre 51% un an plus tôt, soit une progression de 7 points, devançant désormais les contraintes strictement immobilières.
Pour quelles raisons les Français ont renoncé ou ont reporté leurs projets de déménagement au cours des 12 derniers mois ?
58% Augmentation du coût de la vie en général
42% Prix de l’immobilier trop élevés
27% Pénurie de logements notamment à la location
21% Coût du déménagement jugé trop cher
19% Hausse des taux d’emprunt
Des Français qui ajustent plus qu'ils ne renoncent
Pour autant, cette contrainte ne se traduit pas par un arrêt total des projets : la mobilité ne disparaît pas, mais elle se contracte.
Malgré une baisse significative de 10 points par rapport au baromètre 2025, 22% des Français envisagent un déménagement dans les 12 mois à venir.
Les Français ne planifient plus leur mobilité, ils réagissent. Les projets s’inscrivent moins dans une trajectoire de vie anticipée et davantage dans une logique d’ajustement à des contraintes ou opportunités immédiates (professionnelles, familiales ou économiques).
Quelles sont les raisons qui pousseraient le Français à concrétiser leur projet de déménagement dans les 12 prochains mois ?
37% Raisons personnelles
34% Recherche d’un logement plus grand ou mieux adapté
30% Environnement jugé plus agréable
24% Raisons professionnelles
22% Recherche d’un coût de logement plus abordable
11% La relance du marché de l’immobilier
Les autres motivations restent proches de celles observées en 2025 : la recherche d’un logement plus grand ou mieux adapté (34%), l’envie d’un cadre de vie plus agréable (30%) et les opportunités professionnelles (24%). La recherche d’un logement plus abordable s’impose, aussi, comme un levier important (22%), confirmant le poids croissant des contraintes économiques dans les arbitrages.
Parmi eux, la motivation “raisons personnelles”, historiquement moteur du déménagement, reste le premier motif (37%), mais recule nettement par rapport à 2025, où elle représentait 53% des réponses, soit une baisse de 16 points. Ce qui traduit un affaiblissement du déménagement “choisi”.
À noter
Les jeunes restent toutefois plus confiants dans leur capacité à déménager : 23% des 18-24 ans déclarent vouloir déménager de manière certaine dans les 12 prochains mois, et 24% probablement.
Également, la région parisienne conserve une capacité de projection plus élevée : 10% de ses habitants se déclarent certains de déménager, contre 7% en moyenne nationale.
Ces situations s’inscrivent dans un contexte plus large de marché contraint, où la concrétisation d’un projet reste conditionnée à des signaux de relance : baisse des prix, amélioration des conditions d’emprunt ou regain de visibilité économique.
Les Français n’ont pas renoncé à la mobilité : ils l’ajustent et l’attendent.
Le climat, désormais un critère dans le choix de son futur lieu de vie
Au-delà des considérations économiques et personnelles, les enjeux environnementaux s’invitent désormais dans les critères de choix de leur destination.
Au global, 68% des répondants accordent une haute importance aux inondations, 57% aux incendies, 53% à la pollution de l’eau, 53% à la pollution de l’air, 44% à la canicule et 41% à l’érosion.
Derrière ce constat, les écarts régionaux confirment que la perception du risque varie selon les territoires : les répondants de la région Nord accordent davantage d’importance aux inondations (76%), tandis que les habitants du Sud et du Sud-Est se montrent plus sensibles aux incendies et à la canicule, avec respectivement 62% de notes maximales pour les incendies sur le pourtour méditerranéen et 56% pour la canicule dans le Sud-Est.
Ainsi, le logement n’est plus seulement perçu comme un lieu de vie, mais aussi comme un espace de protection face aux aléas, ce qui redessine progressivement la carte de l’attractivité résidentielle.
Ce que disent les chiffres terrain : la fin de l'exode urbain
Les données internes de Nextories, issues de l'analyse de plus de 200.000 projets de déménagement entre 2022 et 2025, confirment et précisent les tendances exprimées par les Français.
Evolution des proportions de projets de déménagement en France
(répartition en fonction des départements de départs)
Évolution entre 2022 et 2025
Évolution entre 2024 et 2025
On observe d’abord un ralentissement de l’exode des grandes métropoles.
L’exemple le plus probant est la capitale parisienne où la part des départs est passée de 17,44% en 2022 à 10,28% en 2025, soit une baisse de 41% au cours des 3 dernières années, mais la diminution se stabilise désormais (baisse de 9% entre 2024 et 2025). Paris reste une destination majeure, tandis que le mouvement de fuite massive post-Covid s’essouffle année après année.
Même constat dans les autres métropoles. La part des départs de Gironde (33) baisse de -20% entre 2022 et 2025, mais la diminution se stabilise désormais (baisse de 5% entre 2024 et 2025).
Il en va de même pour le Rhône (69) qui voit sa part des départs baisser entre 2022 et 2024 (-9%), et se stabiliser désormais sur l’année écoulée.
Evolution des proportions de projets de déménagement en France
(répartition en fonction des départements d’arrivée)
Évolution entre 2022 et 2025
Évolution entre 2024 et 2025
Mise en perspective des arrivées : la tendance s'inverse également sur les installations. Après avoir perdu 35 % de sa part de nouveaux arrivants depuis 2022, Paris se stabilise progressivement avec seulement une baisse de 6 % entre 2024 et 2025. Même constat pour de grandes métropoles comme la Gironde (33) passée de -30% depuis 2022 à -9% l’année dernière, la Haute-Garonne (31) passée de -26% depuis 2022 à -5% l’année dernière ou encore le Rhône (69) passé de -10% depuis 2022 à -2% entre 2024 et 2025.
Grand chassé-croisé dans le Sud
Dans le même temps, le Sud de la France reste très attractif, mais devient une zone de rotation. Les Bouches-du-Rhône (13) affichent une hausse de +60% de la part des départs depuis 2022, l’Hérault (34) +31% en un an et les Alpes-Maritimes +16%. On s’y installe moins durablement : on y circule davantage.
Top 5 des villes où emménagent les Français en 2025 (répartition en fonction des départements d'arrivée)
75 : Paris, représente 6,37 % des emménagements 2025
13 : Marseille, représente 4,47 % des emménagements 2025
69 : Lyon, représente 3,72 % des emménagements 2025
33 : Bordeaux, représente 3,33 % des emménagements 2025
34 : Montpellier, représente 2,95 % des emménagements 2025
Évolution de la part des déménagements intra-régionaux (2024 vs 2025) (répartition en fonction des départements de départs)
Part intra région sur Total CP Départ 2025
Part intra région sur Total CP Départ 2024
Autre tendance pour les départements du Sud, l'année 2025 marque un tournant pour l'ancrage régional : les habitants des Bouches-du-Rhône (13) et de la Gironde (33) quittent plus volontiers leur département pour des destinations plus lointaines. Les flux intra-régionaux ont ainsi reculé de 4,5 points dans les Bouches-du-Rhône (46,5 %) et de 5 points en Gironde, passant sous la barre des 50 %. Dans le détail, les habitants quittant les Bouches-du-Rhône (13) privilégient le Var (83) et Paris (75), dans une logique similaire, les habitants quittant la Gironde (33), privilégient Paris (75) et les Landes (40).
Part des projets de déménagement entre 2024 et 2025, répartition en fonction des départements de départs
Evolution des proportions de projets de déménagement en France entre 2024 et 2025 :
75 (Paris) -> -9,00%
69 (Rhône) -> 3,00%
13 (Bouches-du-Rhône) -> 0,00%
59 (Lille) -> -2,00%
33 (Gironde) -> -5,00%
31 (Haute-Garonne) -> 2,00%
Part des projets de déménagement entre 2024 et 2025, répartition en fonction des départements d'arrivée
Evolution des proportions de projets de déménagement en France entre 2024 et 2025 :
75 (Paris) -> -6,00%
13 (Bouches-du-Rhône) -> -5,00%
33 (Gironde) -> -9,00%
69 (Rhône) -> -2,00%
31 (Haute-Garonne) -> -5,00%
Pris ensemble, ces mouvements traduisent une recomposition de la carte résidentielle française, marquée par un recentrage vers les grands pôles urbains et une mobilité plus arbitrée. Ce regain s’observe dans la stabilisation des départs comme dans le ralentissement du recul des arrivées.
Cette évolution révèle un contraste territorial : dans la plupart des métropoles, les flux sortants se stabilisent, tandis que certaines zones du Sud enregistrent une hausse des départs. Ce différentiel met en évidence des niveaux d’ancrage plus fragiles et des parcours résidentiels moins durables.
Ce que disent les déménageurs : un marché sous pression, mais en mutation
Ces évolutions se retrouvent également du côté des professionnels. L’enquête menée auprès des déménageurs apporte un éclairage terrain sur ces transformations.
Parmi les facteurs qui pèsent sur leur activité, les professionnels citent en premier lieu la hausse des prix des matières premières (carburant, cartons…), mentionnée par 65,2% d’entre eux, devant l’instabilité politique et géopolitique (40,6%).
Dans ce contexte, 46,4% des entreprises déclarent avoir engagé des ajustements stratégiques pour maintenir leur activité.
Cette dynamique n’exclut pas une certaine prudence : 36,2% des déménageurs expriment des réserves quant à l’évolution du marché à 12 mois, traduisant un secteur en adaptation face à des clients plus attentifs au prix et plus enclins à arbitrer leurs dépenses.
LE DÉMÉNAGEMENT DES FRANÇAIS
• En 2025, 35,65% des déménagements ont eu lieu en haute saison, à savoir de juin à septembre.
• Le mois le plus chargé en déménagement est le mois de juin avec 10,34% des déménagements qui ont lieu ce mois-ci.
• La semaine la plus chargée en déménagement a été la semaine du 30 juin au 6 juillet avec 3,51% des déménagements annuels cette semaine-là.
• Les choix résidentiels sont de plus en plus guidés par des impératifs économiques.
• Cela se traduit aussi dans les arbitrages concrets : la formule « transport », limitée au transport des biens, représente près de 73 % des options retenues chez Nextories en 2025.
• Les données Nextories confirment ainsi un affaiblissement du déménagement “choisi” : la mobilité ne se projette plus, elle s’ajuste.
• La surface moyenne des logements déménagés en France en 2024 : 65,34 m². Entre 2024 et 2025 on note une croissance de 3,31% des surfaces à déménager.
• Le cubage moyen déménagé en France en 2025 : 30,98 m3. Entre 2024 et 2025, les Français déménagent +0,91% de volume en moyenne.
• La distance moyenne parcourue en France en 2025 pour déménager est de 278,8 km. Entre 2024 et 2025, on note une croissance de 3,17% de la distance de déménagement moyenne des Français.
• Le groupage ou déménagement groupé est une solution plus économique et plus écologique. Entre 2024 et 2025 Nextories a enregistré une croissance de +8% de projets pour des déménagements groupés.
Une mobilité qui a tendance à changer de nature
Julien Bardet, CEO de Nextories
« Déménager aujourd'hui, c'est bien plus qu'une organisation logistique : c'est un révélateur des transformations économiques, sociales et territoriales qui traversent notre pays.
Ce que nous observons, c'est une évolution profonde des parcours résidentiels. Les Français n'ont pas renoncé à la mobilité, mais ils l'abordent différemment : plus contraints, plus stratégiques.
Nous ne somment plus dans une logique d'exode urbain, mais dans une nouvelle phase de mobilité, plus fragmentée et plus mouvante. »
* Méthodologie : étude Ipsos Digital réalisée du 3 au 7 avril 2026 auprès d’un échantillon représentatif de 1.000 Français âgés de 18 à 75 ans, constitué selon la méthode des quotas.
Analyse croisée avec les données internes de Nextories sur plus de 200.000 projets de déménagement pris en charge entre 2022 et 2025.
Enquête complémentaire menée en mars 2026 auprès de 69 déménageurs professionnels partenaires.
Toute publication ou citation doit mentionner explicitement : « Sondage Ipsos.Digital pour Nextories ».
Izaura
Rédactrice
Izaura a rejoint Nextories pour parfaire ses études de journalisme en approfondissant les sujets du déménagement. Esprit critique et sens de l'investigation, rien ne lui échappe afin de vous livrer les meilleurs conseils pour votre projet de changement de domicile.